23 de setembro de 2009

João de Meira, escritor-fingidor (9)

Maximiano médicin-légiste

Le cadavre était couché sur la table. Ses chairs flasques pendaient et sa peau ridée semblait trop grande pour ses muscles. Toute une moitié du crâne avait disparue, prise et broyée entre deux rouages dons l’usine. La cervelle avait jailli, et des taches de sang éclaboussaient son cou, ses bras et sa poitrine velue comme celle d’un singe. Des os pointaient à ses coudes, ses ongles étaient brodées de noir. Il n'avait plus de pieds; seulement des paquets de nerfs arrachés pendaient aux extrémités de ses jambes coupées, comme des cordages à la mature d’un navire.

Maximiano paru, un bistouri a la main. Il renifla l’air, il hocha la tête et il lâcha; - Nom de nom de Dieu! Faut que je répète pour la centième fois que je veux ces portes toujours ouvertes? On ne peut pas tenir avec une puanteur pareille!

Le vieux employé s’avança clopin-clopan; il trainait la jambe gauche et louchait d’une façon terrible. Sans une parole, de ses mains noueuses et rouges, marbrées de cicatrices et de taches brunes, il ouvrit la porte toute grande.

L’air extérieur s’engouffra dans la large baie, balayant les mauvaises odeurs, agitant une mèche de cheveux restée à la tempe droite du mort, apportant du dehors les senteurs amoureuses du printemps, si puissantes que le propre cadavre en parut ému.

Alors Maximiano se rapprocha de la table; et regardant d’un œil impassible et froid cette lamentable guenille, où il manquait le crâne et les pieds: - Voilà, dit-il, une affaire qui n’a ni queue ni tête.

Émile Zola [aliás, João de Meira, 1911]
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